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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 15:17

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates, une journée de sensibilisation des opérateurs Natura 2000 a été proposée le 30 mai dernier. L’objectif de cette rencontre était de familiariser les opérateurs/animateurs Natura 2000, mais aussi les services de l’état, avec deux des quatre espèces d’intérêt communautaire présentes en Champagne-Ardenne, à savoir la Cordulie à corps fin et la Leucorrhine à large queue.

Sous la houlette de Guillaume GENESTE (Association Nature du Nogentais) et de Vincent TERNOIS (CPIE du Pays de Soulaines), le groupe à successivement visité le plus important site d’émergence de Cordulie à corps fin connu en région, en l’occurrence un bras de la Seine à Nogent-sur-Seine puis deux stations de Leuccorhines à large queue situées sur les communes du Mériot et de Barbuise.
formation_Natura2.jpg
Les conditions météorologiques (temps orageux) et hydrométriques (vallée inondée) n’étaient pas favorables à l’observation de nombreux spécimens mais les deux espèces visées ont été observées (1 exuvie et 1 immature d’O.curtisii ; une dizaine de L.caudalis) permettant aux participants d’appréhender les milieux et les techniques d’échantillonnage (périodes, collecte exuvies ou recherche des imagos) de ces espèces dont l’état des connaissances régionales a fortement évolué au cours de ces dernières années.

Un grand merci aux participants : Patrick COLLAVINI (ONEMA), Hélène COLLET (PnrFO), Florent DALVERNY (DDT 51), Guillaume GENESTE (ANN), Blandine GUILLEMOT (ONCFS), Maïdie LECLERC (ANN), Olivier MATTON (ONCFS), Thierry MIGOUT (ONCFS), Anthony PRINET (CPIE), Yves SECHURE (ONEMA) et Anne VILLAUME (PnrFO).

Vincent TERNOIS

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 11:08

Depuis plusieurs jours, l’Aeschne paisible est active, c’est donc le bon moment pour observer cette espèce dont la répartition régionale mérite d’être précisée.

Birene.jpgBien que cette libellule ait été observée en 1995 sur la rivière Aube à Bar-sur-Aube (S. Potel, com. pers.), il a fallut attendre la fin des années 2000 pour que les odonatologues prennent réellement conscience de sa reproduction en région. Ces 3 dernières années, un effort tout particulier a donc été réalisé pour améliorer les connaissances sur cette espèce. On sait aujourd’hui que l’Aeschne paisible est très bien implantée sur les cours d’eau du Sud de la Champagne-Ardenne en particulier sur la Laignes, l’Ource, l’Aujon, l’Aube, la Seine mais a aussi été découverte ou confirmée sur la Superbe, le Rognon, l’Ardusson, la Voire, la Blaise, la Renne…

Pour la seconde année, des prospections spécifiques sont menées dans le Sud de la région dans le cadre de la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates pour affiner sa répartition. Si certains cours d’eau (Sarce, Barse, Marne…) semblent peu favorables dans leur ensemble à la reproduction de cette espèce très attachée aux chevelus racinaires immergés, des exuvies ont été découvertes ces derniers jours sur l’Armance (V. Ternois) et la Vanne (G. Geneste) confirmant sa présence dans l’Ouest aubois.

Alors, aidez-nous à mieux la connaître. Si l’espèce peut être discrète (peu d’imagos directement observés sur les cours d’eau), les exuvies sont très faciles à trouver. Pour cela, il vous suffit de prospecter les piles des ponts des petites rivières possédant une ripisylve fournie. Connue actuellement de la moitié Sud de la région, l’Aeschne paisible peut très certainement trouver des conditions favorables à son développement dans les Nord de la Marne et les Ardennes. L’absence de données est avant tout liée à un manque de prospection.

Birene3Répartition de Boyeria irene - Synthèse 2011

Et si vous observez des libellules voler le soir à des heures avancées, faites attention ! Il s’agit d’un comportement très fréquent pour elle (elle est plutôt discrète pendant les heures chaudes de la journée mais se laisse volontiers approcher en fin d’après-midi). Selon les conditions météorologiques à venir, les imagos seront visibles jusqu'à la mi-septembre.

Bonnes prospections,

Vincent TERNOIS

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 21:47

Depuis plusieurs jours, de nombreuses observations de Leucorrhinia pectoralis ont été rapportées de Flandres, du Nord-Pas-de-Calais, de Picardie, de Haute-Normandie, d’Alsace… (infos forums Boyeria, Obsalsace, Obspicardie…). Cette multiplication des données laisse à penser qu’il y a un phénomène « invasif » en cours. Dans le Nord-Pas-de-Calais, cet afflux s’est accompagné de l’observation de Leucorrhinia rubicunda (C. Vanappelghem/Sfo, com. pers.)

La Champagne-Ardenne n’est pas en reste puisque L. pectoralis a déjà été identifié sur 7 sites ces 5 derniers jours : Chaourçois, PNR de la Forêt d’Orient, Nord-est aubois, Perthois, Argonne, Côte d’Ile-de-France (infos : R. Desmet, I. Piryns, P. Collavini, A.Villaumé, A. Antoine, J.-L. Lambert, V. Ternois) alors qu’il n’avait été observé qu’à deux reprises au cours des 20 dernières années (source : INVOD-CILIF / Sfo). Ces observations ont été réalisées sur des étangs piscicoles mais aussi sur une ancienne gravière réaménagée et sans poissons. Pour plusieurs de ces sites, les caractéristiques essentielles de l’habitat de L. pectoralis sont rassemblées et une implantation durable est possible. A suivre…

Lpectoralis.jpg

Femelle de Leucorrhinia pectoralis après avoir pondue sur un étang du nord-est aubois le 29 mai 2012 (V. Ternois)

Plus extraordinaire encore est la découverte ce 02 juin d’un mâle de L. rubicunda, espèce nouvelle pour la région Champagne-Ardenne, sur un étang d’Argonne par Ingrid Piryns et Rik Desmet. Cette espèce, est assez proche de L. pectoralis et L. dubia et il convient donc d’être prudent dans la détermination !

Lrubicunda.jpg

Leucorrhinia rubicunda observé sur un étang d’Argonne le 02 juin 2012 (I.Piryns et R.Desmet)

Nous ne pouvons donc que vous inviter à prospecter un maximum de sites dans les jours à venir en privilégiant les plans d’eau (étangs piscicoles, gravières, mares…) présentant un stade intermédiaire d’atterrissement (densité importante d’hydrophytes) ou dont la ceinture végétale est ponctuée de « trouées » favorables à L. pectoralis (l’espèce délaisse les grandes surfaces d’eau libre). Si pour l’instant, la présence de cette espèce est (probablement) liée à un afflux exceptionnel, la plupart des observations concernent des sites où l’espèce est susceptible de s’y maintenir durablement.

Alors, à vos jumelles et appareils photos (attention, L. pectoralis est une espèce protégée et sa capture, même temporaire, nécessite une autorisation) !

Vincent TERNOIS, Jean-Luc LAMBERT, Rik DESMET et Ingrid PIRYNS

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 18:19

Couv Atlas 2011C'est avec un certain plaisir que nous vous annonçons la publication du "Pré-atlas des Odonates de Champagne-Ardenne".

Ce document est la synthèse cartographique de plus de 29.000 données transmises à la Société française d'Odonatologie dans le cadre des programmes INVOD (Inventaire cartographique des odonates de France) et CILIF (Complément à l'inventaire des libellules de France) depuis 1982. Cette compilation a été permise grâce à la contribution de plus d'une centaine de naturalistes bénévoles et/ou professionnels. Merci à vous !

Cela fait une dizaine d'années que nous espérions publier cette synthèse pour relancer une dynamique odonatologique en région. C'est aujourd'hui chose faite ! Grâce à elle, nous disposons désormais d'une meilleure vision de l'état des connaissances régionales pour chacune des 65 espèces identifiées et des efforts qui restent à fournir pour disposer d'ici quelques années d'une couverture régionale suffisante, phase nécessaire pour une évaluation précise de l'état de conservation de ces espèces.

Ce document ne doit donc pas être considéré comme une finalité mais bien le point de départ d'une nouvelle aventure naturaliste en région avec comme point d'orgue l'édition, d'ici quelques années, d'un nouvel ouvrage de référence sur les libellules de Champagne-Ardenne (cf. les "Eléments cartographiques et écologiques sur les Odonates de Champagne-Ardenne" publiés en 1990 par Gennaro COPPA).

Mais, comme vous pouvez le voir, il reste encore beaucoup à faire ! C'est pourquoi, dès le printemps prochain, nous nous efforcerons de remobiliser le réseau d'observateurs pour prospecter les secteurs vides de données mais aussi pour préciser le statut de certaines espèces pour lesquelles nous ne disposons pas d'informations récentes.

Alors, à vos filets !

Vincent TERNOIS
Société française d'odonatologie (Champagne-Ardenne)

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 14:13

Un article sur la répartition de Boyeria irene en Champagne-Ardenne a été publié dans l'édition de décembre 2011 de la revue Martinia.  

Martinia_27--2-_2011.jpgRésumé : Boyeria irene (Fonscolombe, 1838) est une acquisition récente de l’odonatofaune de Champagne-Ardenne. La première observation de l’espèce semble dater de 1995 dans l’Aube. Suspectée en 2004 dans la Marne, redécouverte en 2006 dans l’Aube puis citée pour la première fois en 2007 dans la Haute-Marne, cette espèce a vu ces dernières années les observations la concernant s’accroître dans la région, ce qui suggère la présence de foyers de populations bien implantés. Suite à la découverte de données IBGN non publiées, des prospections spécifiques ont été conduites en 2010 pour vérifier leur validité. Les campagnes de prospection ont non seulement permis de valider ces données historiques, mais aussi de découvrir de nouvelles stations. Les auteurs présentent les conditions de ces découvertes et actualisent la carte de répartition de l’espèce pour la région.

 

 

 LAMBERT J.-L. & TERNOIS V. (coord.), 2011. Nouvelles découvertes de Boyeria irene (Fonscolombe, 1838) en Champagne-Ardenne et premières mentions pour le département de la Marne (Odonata, Anisoptera : Aeshnidae). Martinia 27 (2) : 101-113.



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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 11:07

2011 restera une année particulière pour l’odonatologie régionale.

Il y a eu tout d’abord les émergences très précoces du début de saison suite aux conditions particulièrement clémentes du printemps. C’est ainsi que des « records » de précocité ont été notés chez l’Aeschne isocèle (1ère obs. le 22/04 – PM ; ancien record : 10/05), l’Orthétrum à stylets blancs (1ère obs. le 06/05 – JPR ; ancien record : 19/05), la Cordulie à corps fin (1ère obs. le 07/05 – PM ; ancien record : 23/05) auxquels nous pourrions ajouter l’Aeshne affine (25/05 – GG et SG), l’Anax napolitain (10/05 - VT), la Libellule écarlate (06/05 - JLL), le Gomphe à pinces (25/05 – VT), le Sympétrum à nervures rouges (13/05 – VT), le Gomphe vulgaire (17/04 – FG), le Gomphe semblable (15/05 - AV)...

Puis est arrivé l’Anax porte-selle. Après avoir fait parler d’elle dans le sud de la France, cette libellule migratrice a poursuivie son périple vers le Nord dont la Champagne-Ardenne. C’est Eric Sansault qui a été le premier à découvrir cette espèce, la 65ème, dans la région suite à l’observation de 2 individus sur les lacs de la Forêt d’Orient le 24 avril. Sa présence y sera confirmée à plusieurs reprises par l’équipe du PNR de la Forêt d’Orient (SG et AV) les jours suivants. Puis, plusieurs observations ont été effectuées à quelques kilomètres des lacs, sur des gravières de la Plaine de Brienne et un étang piscicole à Epothémont (VT). 10 données ont ainsi été collectées au cours de la saison, la dernière observation ayant été réalisée le 02/07 sur une gravière de la Vallée de la Seine (OP). Une synthèse des observations sera publiée prochainement dans Martinia.


Hemianax male+femelle

Anax porte-selle (mâle et femelle) - Petit-Mesnil (10) le 13 mai 2011 (photo : V. Ternois)


2011 a également été une année particulièrement intéressante pour l’amélioration des connaissances de plusieurs espèces patrimoniales. 19 nouvelles stations de Leucorrhine à large queue ont ainsi été identifiées que ce soit par le réseau de bénévoles ou lors des prospections spécifiques menées dans le cadre de la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des odonates. La répartition de l’Aeschne paisible a été affinée avec la confirmation d’un noyau de population implanté sur les cours d’eau de la Montagne Châtillonaise mais aussi une remontée jusque dans la Marne (capture d’un individu à Arrigny puis découverte d’une exuvie sur la Blaise à Larzicourt le 27/06 – JLL & JPR). Les résultats de quelques-unes des actions menées en 2011 vous seront communiqués prochainement.

Enfin, plusieurs espèces de libellules ont su profiter d’une arrière saison extraordinairement douce. Même s’il est normal que l’activité odonatologique se soit considérablement réduite en fin de saison, 6 espèces étaient encore visibles après la mi-octobre dont l’Aeschne bleue (dernière obs. le 12/11  – HG ; ancien record : 08/11), le Leste vert (dernière obs. le 20/11 – FG ; ancien record : 08/11), le Sympétrum méridional (dernière obs. le 28/10 – JLL ; ancien record : 25/10), le Sympétrum sanguin (dernière obs. le 04/11 – PM ; ancien record : 27/10) et le Sympétrum strié (dernière obs. le 20/11 – FG ; ancien record : 08/11).

Sur le plan comptable, 2011, c’est aussi 3 846 données collectées par 50 contributeurs, jeu de données auquel nous pouvons ajouter quelques 787 informations anciennes (2000 à 2011) saisies en cours de saison sur FAUNE CHAMPAGNE-ARDENNE. 57 espèces, sur les 65 connues en région, ont été observées cette année et des données ont été collectées sur 398 localités :

- Ardennes :              720 données / 41 espèces / 13 observateurs / 56 communes concernées
- Aube :                      1 533 données / 54 espèces / 26 observateurs / 129 communes
- Marne :                   1 087 données / 51 espèces / 25 observateurs / 131 communes
- Haute-Marne :        506 données / 44 espèces / 14 observateurs / 82 communes

map.jpgCouverture odonatologique 2011
[source : Collectif, in http://faune-champagne-ardenne.org (extraction le 16 décembre 2011)]


Désormais, quelques 29 044 données composent la base de données régionale. Dans les prochaines semaines, nous nous attacherons à éditer les cartes des données de chacune des espèces connues pour faire un point sur les efforts qu’il reste à fournir pour disposer d’une couverture régionale satisfaisante.

L’ouverture de la saisie Odonates sur FAUNE CHAMPAGNE-ARDENNE a considérablement boosté la collecte de données en région. Si cet engouement se confirme à l’avenir, nous pourrons sérieusement parler de la publication d’un Atlas des odonates de Champagne-Ardenne.

En attendant, nous tenons à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à l’alimentation de la base de données régionale, que ce soit les bénévoles et/ou les personnels des structures associatives impliquées dans la mise en œuvre de la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates.

Un grand merci à tous,

Vincent TERNOIS et Jean-Luc LAMBERT
Société française d’odonatologie (Champagne-Ardenne)

AV : Alain Villetorte ; FG : Frédéric Giguet ; GG : Guillaume Geneste ; HG : Hervé Georget ; JLL : Jean-Luc Lambert ; JPR : Jean-Pierre Raulin ; OP : Olivier Paris ; PM : Paul Monin ; SG : Stéphane Gaillard ; VT : Vincent Ternois.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 15:35

Un article sur la répartition  de Boyeria irene en Haute-Marne a été publié dans le 10ème numéro « Nouvelle série » du Bulletin de la Société de Sciences Naturelles et d’Archéologie de la Haute-Marne.

 Bull_SSNAHM_10.jpg

Préambule : La faune odonatologique de Haute-Marne compte à ce jour 56 éléments (TERNOIS, 2011). Boyeria irene (Fonscolombe, 1838) est la dernière espèce découverte dans ce département suite à l’observation de plusieurs individus sur la Renne en 2007 (TERNOIS, 2008), cours d’eau où l’espèce est depuis observée annuellement.

Dans le cadre d’une réflexion globale sur le réel statut de B.irene en région Champagne-Ardenne, l’un des auteurs a consulté les relevés taxonomiques des IBGN réalisés par la DREAL Champagne-Ardenne sur la région durant les vingt dernières années afin de rechercher d’éventuelles données qui n’auraient pas été communiquées aux odonatologues locaux. Il s’avère que le genre Boyeria apparaît dans quatre relevés IBGN dont un réalisé en Haute-Marne, à savoir sur la Blaise à Wassy en 2008 (source : DREAL).

Afin de vérifier la validité de ces données et préciser le statut de rareté de B.irene, les auteurs ont engagé, au cours de la saison 2010, des investigations sur plusieurs cours d’eau de la région. Cette note présente les résultats des prospections spécifiques réalisées dans le département de la Haute-Marne.

TERNOIS V., LAMBERT J.-L. & DRUART D., 2011. Du nouveau sur la présence de l’Aeschne paisible Boyeria irene (Fonscolombe, 1838) en Haute-Marne (Odonata, Anisoptera : Aeshnidae). Bull. Soc. Sc. Nat. Arch. Hte-Marne, 10, Nouvelle série : 17-20 (+ planche 28).

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:03

Le 12 juillet 2011, le cinquième rassemblement "journée odonates de la DiR de Metz de l'ONEMA" s'est déroulé dans le département de l'Aube, dans le secteur de Bar-sur-Aube.

14 agents de l’ONEMA ont participé à cette journée, accompagnés de 4 personnes provenant d’organismes liés à la qualité des eaux et à la protection de l’environnement : Sébastien ADIN (SD08), Patrick COLLAVINI, Yves SECHURE et Nicolas PESENTI (SD10), Jean-Pierre RAULIN, Jean-Luc LAMBERT et Cédric MASSON (SD51), Didier DRUART (SD52), François MAIMBOURG et Livier SCHWEYER (SD57), Thierry BUZZI (SD55), Jean-Claude LUMET, Emmanuel PEREZ, Claudia ETCHECOPAR-ETCHART (DiR de Metz), Muriel ROBIN (DREAL Champagne-Ardenne), Lucile DELACOUR (SMAVAS) et Vincent TERNOIS (Société française d’odonatologie et CPIE du Pays de Soulaines).

onema(1)

Les journées d’information Onema : des moments d’échange et de partage pour l’étude et la conservation des libellules (photo V. Ternois)


Cette année, le sujet de la journée porte sur deux anisoptères inféodés aux cours d’eau et particulièrement rares dans le nord-est de la France : l’Aeschne paisible Boyeria irene (Foncolombe, 1838) et le Gomphe serpentin Ophiogomphus cecilia (Fourcroy, 1785). En effet, la consultation en DREAL des listes taxonomiques issues des études IBGN réalisées entre 1988 et 2010, a révélé plusieurs citations de ces deux taxons en Champagne-Ardenne, notamment sur deux sites de prélèvements situés sur la rivière Aube à proximité de Bar-sur-Aube. Si, pour la première espèce, la présence en région ainsi que son indigénat ont été récemment démontrés, il n’en va pas de même pour la seconde qui n’a jamais fait l’objet d’observation.

 

Prospections et résultats

Premier site : Rivière Aube. Commune de Longchamp-sur-Aujon, hameau d’Outre-Aube au pont de la D12, code station IBGN : 03015000. Temps de prospection : 1h30 (10h30-12h00).

Avant de démarrer les prospections, des exemplaires mis en collection d’exuvies des deux espèces recherchées sont présentés aux participants car les investigations porteront principalement sur les dépouilles larvaires de ces deux taxons. Il est toutefois précisé aux prospecteurs de récolter toutes les exuvies d’anisoptères rencontrées afin d’améliorer les connaissances odonatologiques sur ce secteur de la rivière Aube.

Quatre groupes se constituent afin de prospecter, depuis le cours d’eau, les berges des deux rives en amont et en aval du pont de la D12. Chaque groupe inspecte ainsi minutieusement environ 150 mètres de rive. Les exuvies sont donc recueillies sur un linéaire de 600 mètres de rives au total. Le temps, couvert et incertain, est peu propice au vol des imagos et seuls quelques anisoptères sont capturés pendant les recherches, dont notamment une femelle ténérale de B. irene (forme brachycerca) avec une aile atrophiée (voir photo), deux mâles de Cordulegaster boltonii, une femelle émergente d’Onychogomphus forcipatus, une dizaine de Calopteryx virgo, au moins 30 Calopteryx splendens, et une quinzaine dePlatycnemmis pennipes. 70 exuvies d’anisoptères et 8 de zygoptères sont collectées et concernent les espèces suivantes :

Espèce

Quantité

Nombre de mâles

Nombre de femelles

Forme des femelles de B. irene

Boyeria irene

30

18

12

11 brachycerca et 1 typica

Onychogomphus forcipatus

33

 

 

 

Gomphus vulgatissimus

1

 

 

 

Cordulegaster boltonii

6

 

 

 

Calopteryx splendens

7

 

 

 

Platycnemmis pennipes

1

 

 

 

Tableau 1 : Nombre d’exuvies récoltées par espèce sur l’Aube à Longchamp-sur-Aujon

On constate que B. irene est bien implanté sur le site avec en moyenne une exuvie tous les 20 mètres de rive. C’est à ce jour la section de cours d’eau où le plus grand nombre d’exuvies de l’espèce a été collecté en Champagne-Ardenne. Le sexe ratio est à l’avantage des mâles mais on remarque surtout que, chez les femelles, la forme typica est très minoritaire avec une seule femelle de ce type contre 11 de la forme brachycerca. La forme typica semble donc peu représentée dans notre région. Ce constat corrobore les observations réalisées les années précédentes (LAMBERT et TERNOIS, à paraître).

  onema(2)

Femelle de Boyeria irene photographiée à Outre-Aube (photo M. Robin) 


Aucun O. cecilia n’est contacté sur le site malgré les potentialités d’accueil non négligeables. Par contre, parmi les exuvies d’O. forcipatus, on remarque que plusieurs spécimens sont de grande taille (27 mm) et présentent des épines dorsales particulièrement développées et bien « décollées » des parties intersegmentaires. Au premier coup d’œil, on peut avoir facilement l’impression d’être en présence d’une exuvie d’O. cecilia ! De plus, en examinant ces exuvies, on s’aperçoit que le segment 10 est parfois en partie rétracté dans le segment 9, donnant ainsi l’impression que sa longueur est bien inférieure au précédent. Ce dernier critère est pourtant le seul donné pour discriminer les deux genres dans la clé de détermination proposée dans l’ouvrage de Tachet et al., jusqu’à son édition de 2006. Seule la lecture des diagnoses apporte quelques précisions importantes, notamment sur les rapports de longueurs des derniers segments abdominaux. Cette imperfection dans la clé est-elle à l’origine de confusions et des données énigmatiques d’Ophiogomphus dans les listings de macrofaune benthique des IBGN de la DREAL Champagne-Ardenne ? On peut aisément le supposer…

La nouvelle édition de cet ouvrage, datée de 2010, s’affranchit enfin de ce moyen de distinguer Onychogomphus d’Ophiogomphus en fournissant dans la clé un nouveau critère, plus précis et moins sujet à variations, basé sur l’étude des lobes latéraux du front. Cet examen de la forme de ces lobes latéraux était déjà utilisé pour séparer les deux genres par HEIDEMANN et SEIDENBUSCH en 2002, puis a été repris par DOUCET en 2010.
  onema(3)

La collecte des exuvies : une méthode encore peu développée pourtant indispensable pour l’étude des odonates (photo V. Ternois) 

Deuxième site : Rivière Aube. Commune de Dolancourt, lieu-dit La Noue au pont de la N19, code station IBGN : 03017000. Temps de prospection : 1h30 (14h30-16h00).

Quatre groupes se forment à nouveau afin de prospecter 600 mètres de rives (4 x 150 m) en suivant les mêmes consignes que le matin. Les conditions météo sont toutefois légèrement différentes car la pluie vient quelque peu perturber les investigations et limiter l’observation d’imagos. 4 espèces seulement sont donc observées au stade imaginal : 2 femelles émergentes d’O. forcipatus, une vingtaine de C. splendens, une femelle et un mâle de C. virgo, ainsi qu’une vingtaine de P. pennipes. Toutefois, 415 exuvies d’anisoptères sont récoltées récoltées, ainsi que 6 exuvies de zygoptères :

Espèce

Quantité

Onychogomphus forcipatus

410

Gomphus vulgatissimus

5

Calopteryx splendens

4

Platycnemmis pennipes

2

Tableau 2 : Nombre d’exuvies récoltées par espèce sur l’Aube à Dolancourt

Les conditions atmosphériques peu propices à l’observation des imagos n’ont cependant que très peu affecté la collecte des exuvies qui permet, d’emblée, d’apprécier l’importance des émergences d’O. forcipatus sur ce site à cette période de l’année. Aucune dépouille larvaire de B. irene ou d’O. cecilia n’est trouvée, confirmant la faible capacité d’accueil de ce tronçon de l’Aube pour ces deux espèces, estimée dès notre arrivée par le constat de l’indigence de leurs habitats de prédilection (peu de sables et de cailloux, faible représentation des racinaires immergés, ces derniers peu développés) et de leur dégradation (colmatage).

Conclusion

Cette journée consacrée aux odonates est l’occasion de présenter aux participants les principaux objectifs de la Déclinaison régional du Plan national d’actions en faveur des Odonates, ainsi que les problématiques liées à deux espèces prioritaires en région, B. irene et O. cecilia : autochtonie, répartition, potentialités d’accueil et diagnostic de la qualité de leurs habitats sur les cours d’eau de la région, enjeux de conservation… C’est aussi l’opportunité de mener une recherche efficace d’indices de présence (habitats, observation d’imagos…) et, surtout, de preuves de reproduction par la collecte systématique d’exuvies sur deux des stations IBGN de la région où ces taxons patrimoniaux apparaissent sur les listings faunistiques. Il est intéressant de constater que seul B. irene est trouvé, en nombre, sur le premier site alors qu’il ne fait l’objet ici que d’une seule mention sur les listings IBGN. A contrario, O. cecilia n’est identifié sur aucun de ces deux sites alors que ce genre apparaît sur trois années consécutives dans les études IBGN du premier site et une fois sur le deuxième…

L’explication de ce phénomène est cependant certainement assez simple. En effet, des larves d’O. forcipatus, espèce largement présente sur ces deux sites, peuvent souvent être déterminées comme appartenant au genre Ophiogomphus par les déterminateurs s’appuyant sur le critère de la clé proposé dans les éditions de 2006 (et antérieures) de l’ouvrage de Tachet et al. La réédition de ce livre en octobre 2010 propose enfin un critère discriminant beaucoup plus sûr entre les deux genres. Gageons qu’à l’avenir, les erreurs de détermination entre ces deux taxons deviendront anecdotiques. En ce qui concerne l’identification du genre Boyeria, le critère utilisé dans ce même ouvrage reste inchangé par rapport aux différentes éditions et prête donc toujours à confusion, favorisant l’identification du genre Boyeria par rapport aux autres genres d’Aeschnidés. Cependant, le problème est ici légèrement différent. En effet, des études récentes menées en Champagne-Ardenne montrent que B. irene est bien représenté dans la région, notamment dans la moitié sud. Chez les Aeschnidés, c’est l’espèce typique des cours d’eau, les autres genres de cette famille occupant ce milieu de manière bien plus marginale.

onema(4)Les participants à la 5ème journée annuelle consacrée aux odonates de la DiR de Metz de l’ONEMA
(photo J.-C. Lumet)

Jean-Luc LAMBERT (ONEMA - SD. 51)
Vincent TERNOIS (SFO Ch-Ardenne / CPIE du Pays de Soulaines)

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 14:48

Le 9 juillet, l’Association Nature du Nogentais et la SFO organisaient une formation sur les Odonates dont l’objectif principal était de faciliter l’accès à l’étude des Odonates.

Dix participants provenant de toute la région se sont retrouvés à Nogent sur Seine, dans les locaux de l’ANN, pour une présentation introductive sur le monde des Libellules. Au programme : anatomie, morphologie, écologie, enjeux de protection, et bien sur approche sur la détermination des imagos (adultes).

A midi, Alain, Anne, Johanne, Bertranne, Catherine, Frédéric, Guillaume, Hervé, Jean-Louis et Olivier, accompagnés de leurs deux serviteurs, cassent la croute à proximité du plan du Monteuil, qui nous servira de terrain de chasse l’après-midi afin de mettre en pratique les premiers acquis. Le « Monteuil » est une ancienne gravière entourée de milieux herbeux, de mares et de noues.

Groupe formation Le groupe (photo C. Steffen)


Malgré un temps maussade, les premiers individus sont rapidement capturés et identifiés ; ils  appartiennent aux espèces communes et abondantes que sont Platycnemis pennipes, Ishnura elegans, Coenagrion puella et Enallagma cyathygerum.

Rapidement, plusieurs Erythromma (Cercion) lindenii sont capturés, puis les premiers Anax imperator et parthenope sont observés patrouillant sur les rives du plan d’eau, en compagnie de Calopteryx splendens, Sympetrum striolatum, Orthetrum cancellatum, Crocothemys erythrea, Erythromma viridulum et Ceriagrion tenellum.

DSC 2006 Ceriagrion tenellumC. tenellum, espèce inscrite sur la Liste rouge des insectes menacés de Champagne-Ardenne (photo J.-L. Régnier)

O curtisii DSC 0030

 

Les plus téméraires des formés recherchent des exuvies dans la végétation rivulaire, qui seront identifiées plus tard en salle, en se basant sur la clef des Odonates de France de G. DOUCET.

La démarche d’identification des exuvies est abordé pas à pas grâce à du matériel de collection, puis les exuvies récoltées sont identifiées : elles correspondent à certaines espèces observées sur le terrain, mais nous permettent de noter 2 nouvelles espèces : Gomphus pulchellus et Orthetrum albistylum.


  Exuvie d’Oxygastra curtisii (photo G. Geneste)

 

Guillaume GENESTE
(Association Nature du Nogentais)
Vincent TERNOIS (SFO Ch-Ardenne / CPIE du Pays de Soulaines)

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 13:32

Un article sur la répartition  d'Oxygastra curtisii en Champagne-Ardenne a été publié dans l'édition de juin 2011 de la revue Martinia. 

Martinia 27 - juin2011Résumé : Oxygastra curtisii (Dale, 1834) est l’un des odonates les plus méconnus de Champagne-Ardenne. Jusqu’au début des années 2000, l’espèce était considérée comme rare et les observations étaient disséminées sur l’ensemble de la région. En 2005, l’espèce a été observée en nombre à hauteur des gravières alluvionnaires de la Plaine de Brienne, dans le département de l’Aube. Ces données supposaient une certaine attractivité de ce type de milieu pour l’espèce. Dans ce cadre, le CPIE du Pays de Soulaines et l’Onema ont conduit des recherches sur plusieurs vallées alluviales de la région. Cet article présente les principaux résultats du programme collectés de 2007 à 2009, précise le statut régional de l’espèce et dresse une nouvelle carte de répartition de l’espèce pour la Champagne-Ardenne.



 

 

 

TERNOIS V. & LAMBERT J.-L., 2011. Oxygastra curtisii (Dale, 1834) en Champagne-Ardenne : bilan du programme régional 2007-2009 (Odonata, Anisoptera : Corduliidae). Martinia 27 (1) : 45-60.

 

 

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