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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 17:06
Bilan de la saison odonatologique 2015

Quelques 3 688 données ont été collectées en 2015 par 77 contributeurs différents dans les limites administratives de la région.

Si un léger fléchissement dans le nombre de données transmises est noté, l’implication des naturalistes à la dynamique régionale n’a jamais été aussi élevée. Un grand merci à vous !

En réalité, cette baisse du nombre de données ces deux dernières années est une conséquence des campagnes d’inventaires de la Déclinaison régionale du PNA Odonates (PRAO) moins nombreuses en 2014 et 2015.

58 espèces, sur les 67 connues en région, ont été observées cette année et des données ont été collectées sur 330 localités :

- Ardennes : 574 données / 43 espèces / 22 observateurs / 53 communes concernées
- Aube : 1 041 données / 46 espèces / 32 observateurs / 92 communes
- Marne : 1 066 données / 51 espèces / 30 observateurs / 105 communes
- Haute-Marne : 1 007 données / 44 espèces / 26 observateurs / 80 communes

Désormais, après un gros nettoyage opéré cette saison notamment pour pister les données mal géolocalisées, quelques 46 525 données composent la base de données régionale et des informations sont disponibles pour 1 300 communes. Dans les prochaines semaines, nous nous attacherons à actualiser les cartes de distribution de chacune des espèces connues.

Bilan de la saison odonatologique 2015

Evolution du nombre de données collectées annuellement dans le cadre
des programmes de la SfO (INVOD et CILIF)

Éléments remarquables 2015

2015 aurait presque pu être considérée comme une saison odonatologique « banale » considérant un nombre limité de données pour les espèces patrimoniales de la région. Il faut dire qu’après l’afflux des Leucorrhinia pectoralis de 2012, les premières mentions régionales de Hemianax ephippiger (2011) et de Leucorrhinia rubicunda (2012) et le gros travail mené ces dernières années sur Coenagrion mercuriale, Leucorrhinia caudalis, Boyeria irene… dans le cadre du PRAO, il était difficile de faire mieux. Et pourtant ! 2015, restera dans les annales de l’odonatologie régionale suite à la découverte d’une 67ème espèce de libellule pour la région… et quelle espèce !

En effet, ce n’est rien d’autre que Ophiogomphus cecilia, espèce protégée et particulièrement rare et localisée en France, qui a été découverte cette saison dans le département de l’Aube suite à la collecte de deux exuvies par Nicolas Flamant et Sébastien Siblet sur la Seine à Nogent-sur-Seine et Le Mériot (voir article précédent).

Cette belle découverte vient de remettre un bon coup de fouet dans l’univers naturaliste régional et aura, nul doute, des incidences sur notre future approche des cours d’eau (espèce prise en compte dans le Guide méthodologique pour la prise en compte des odonates dans les études d’impacts en Champagne-Ardenne, document en attente d’une validation par le CSRPN de Champagne-Ardenne).

Bilan de la saison odonatologique 2015

Couverture odonatologique 2015

[source : Collectif, in http://faune-champagne-ardenne.org (extraction le 19 décembre 2015)

Mais on retiendra également :

  • Les deux observations d'Aeshna juncea et les six mentions de Leucorrhinia dubia sur deux sites du Plateau Ardennais (V. Schmitt/PNR Ardennes, N. Harter/RENARD et T. Daumal),
  • Un possible afflux de Sympetrum fonscolombii. 36 données ont été collectées cette saison sur 20 localités.

Bien évidemment, tout ce travail ne serait pas possible sans la contribution des bénévoles et des structures impliquées, de près ou de loin dans la mise en œuvre du PRAO. Un grand merci à (personnes ayant transmis des données en 2015, données historiques comprises) : A. Antoine, M. Bochu, J.-L. Bourrioux, Y. Brouillard, D. Bruyère, T. Cargnelutti, B. Cojan, A. Collet, R. Colombo, J. Cousinard, T. Daumal, M. Deligny, A. Deschatres, F. Desjardins, R. Desmet, J. d’Orchymont, D. Druart, M. Dujardin, S. Esnault, N. Flamant, J. Fontaine, A. Francon, C. Fricot, S. Gaillard, S., Gardien, S. Gaudin, M. Geber, G. Geneste, D. Genevois, A. Genin, B. Geoffroy, H. Georget, L. Gizart, Q. Hallet, R. Hanotel, N. Harter, G. Hazouard, V. Heck, Q. Horta-Lacueva, F. Joachim, S. Jouaire, A. Labroche, D. Lafon, J.-P. Lamoline, P. Larmande, P. Laur-Fournié, D. Lecompte, R. Leconte, E. Leguay, F. Lepage, V. Lequeuvre, S. Lethuillier, E. Lhomer, T. Lorich, L. Martin, O. Matton, P. Miguet, A. Mionnet, D. Moinault, O. Paris, L. Parisel, V. Perrette, A. Pichard, J. Pichenot, S. Pingeot, J. Potaufeux J.-L. Régnier, G. Renault, C. Roth, J. Rougé, S. Rousseaux, C. Rybakowski, A. Sauvage, V. Schmitt, L. Simon, N. Thiébaut, B. Truchon, A. Villaumé, A. Villetorte, G. Widiez, J. Winne, D. Zabinski… ainsi que l’Association Nature du Nogentais, la Ligue pour la protection des oiseaux Champagne-Ardenne, le Regroupement des Naturalistes Ardennais, le CPIE du Pays de Soulaines, le Conservatoire d’Espaces naturels de Champagne-Ardenne, le PNR des Ardennes, le PNR de la Forêt d’Orient pour leur précieuse contribution au PRAO et à la dynamique odonatologique régionale.

Vincent TERNOIS

Société française d'Odonatologie (Champagne-Ardenne)
& Coordinateur de la Déclinaison régionale du PNA Odonates
/c CPIE du Pays de Soulaines

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 18:58
Première preuve de reproduction d’Ophiogomphus cecilia en Champagne-Ardenne en 2015

Dans le cadre de suivis odonatologiques pluriannuels réalisés au sein de la vallée de la Seine en Seine-et-Marne (77) et dans l’Aube (10), région naturelle de la Bassée, plusieurs milliers d’exuvies ont été récoltées durant ces 3 dernières années (2013-2015) notamment sur le cours principal de la Seine. Plusieurs espèces à enjeu étaient particulièrement recherchées : la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii), la Grande Aeschne (Aeshna grandis), l’Aeschne paisible (Boyeria irene)… Un ramassage exhaustif d’exuvies d’odonates a été effectué sur des tronçons de Seine identifiés comme favorables aux espèces précédentes. La période de ramassage est ajustée à la phénologie locale de ces espèces. Depuis 2013, deux sessions de récolte sont ainsi réalisées annuellement en juin et juillet.

Alors que nous identifions et dénombrions les exuvies prélevées sur des tronçons de Seine localisés en aval de Nogent-sur-Seine, nous avons eu l’heureuse surprise de déterminer deux exuvies de Gomphe serpentin (Ophiogomphus cecilia). L’identification a en outre été confirmée par plusieurs autres odonatologues dont Chr. Brochard et J.-L. Lambert.

Les deux exemplaires ont été récoltés au niveau des boucles de la Seine « sauvage » (non navigable) sur les communes de Le Mériot et La Motte-Tilly, respectivement les 19 juin et 7 juillet 2015. Elles ont été découvertes à environ 2 kilomètres l’une de l’autre.

Ce tronçon, situé entre Nogent-sur-Seine (10) et Villiers-sur-Seine (77), constitue le cours naturel de la Seine. Il est notamment caractérisé par sa non-navigabilité, son méandrage et sa dynamique fluviale préservée. Ce secteur offre ainsi des habitats favorables pour la reproduction (ponte, développement larvaire, émergence et dispersion des imagos) des libellules des milieux lotiques.

Les deux faciès de berges illustrés ci-dessus constituent les habitats optimaux d’émergence pour la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) ainsi que pour de nombreux gomphes dont le Gomphe vulgaire (Gomphus vulgatissimus), le Gomphe gentil (Gomphus pulchellus), le Gomphe semblable (Gomphus simillimus), l’Onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus) et très récemment le Gomphe serpentin (Ophiogomphus cecilia). Sur ces tronçons, le fond du lit mineur est majoritairement sablo-graveleux. Localement, la Seine est encore peu anthropisée. Les berges restent « mobiles », montrant des profils tantôt abruptes avec des systèmes racinaires riches et à nu tantôt plus doux avec une végétation herbacée à arbustive dense offrant de nombreux supports d’émergences.

A l’échelle nationale, le Gomphe serpentin était jusqu’alors principalement distribué sur les bassins de la Loire et du Rhin. La Seine constitue un nouveau territoire colonisé par l’espèce. Cette découverte intervient dans un fort contexte de suspicions locales (plusieurs mentions dans des relevés IBGN mais espèce non confirmée - lien)

Rappelons que le Gomphe serpentin est protégé en France d’après l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des insectes protégés sur le territoire. Il fait par ailleurs partie des espèces inscrites à l’annexe II de la directive « Habitats » signifiant que la conservation de ses populations nécessite la désignation de Zones Spéciales de Conservation (ZSC). En outre, il est considéré « en danger » à l’échelle nationale et fait partie des 18 espèces inscrites au Plan National d’Action (Dupont, 2010).

Compte tenu des dates d’investigations axées sur le pic d’émergence de la Cordulie à corps fin, légèrement plus précoce que le Gomphe serpentin, et de la pression d’échantillonnage faible (2 passages localisés sur des tronçons précis), il est difficile d’évaluer les populations locales du gomphe. Des recherches spécifiques couvrant l’ensemble de la période d’émergence de l’espèce sont d’ores et déjà prévues les prochaines années afin d’évaluer plus finement l’état de conservation des populations locales.

S. Siblet & N. Flamant.

Ecosphère

Première preuve de reproduction d’Ophiogomphus cecilia en Champagne-Ardenne en 2015
Première preuve de reproduction d’Ophiogomphus cecilia en Champagne-Ardenne en 2015
Première preuve de reproduction d’Ophiogomphus cecilia en Champagne-Ardenne en 2015
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 16:30

Quelques 3 311 données ont été collectées en 2014 (+216 données de 2000 à 2013 transmises en cours de saison) dans les limites administratives de la région.

 

lib.jpg
Leucorrhine à large queue Leucorrhinia caudalis (V. Ternois)

 

Après trois années à plus de 4 000 données, cet « essoufflement » s’explique pour bonne partie par une diminution des inventaires et prospections réalisés dans le cadre de la déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates (PRA Odonates). La dynamique odonatologique reste tout de même importante avec des informations transmises par 60 naturalistes différents.

 

graph2014.jpg

Evolution du nombre de données collectées annuellement dans le cadre des programmes de la SfO

 

Au cours de cette saison, des données ont été transmises pour 57 des 66 espèces connues à ce jour en Champagne-Ardenne. A retenir :

- Suite à l’exceptionnel afflux de 2012 qui avait permis d’observer Leucorrhinia pectoralis sur 13 sites, nous avions bon espoir, considérant le développement larvaire sur deux saisons, de retrouver l’espèce cette année sur un certain nombre de sites jugés très favorables. Au final, cette rarissime libellule a été observée sur 4 sites sur lesquels elle avait déjà été identifiée en 2012 (A. Antoine/CENCA, M. Deligny/CPIE, R. Desmet et V. Ternois/CPIE) et a été découverte sur un étang du Massif d’Epernay (P. Miguet/ANN). Aucune preuve de reproduction n’y a été décelée mais pour la plupart des sites, les effectifs parfois observés et surtout la présence d’habitats favorables, supposent une reproduction locale.

- Contrairement aux années précédentes, aucune recherche particulière de Leucorrhinia caudalis n’a été réalisée cette saison dans le cadre de PRA Odonates. Néanmoins, l’espèce a été découverte sur 7 nouvelles stations (M. Bochu/CENCA, M. Deligny/CPIE, P. Miguet/ANN, J. Rougé/LPO et V. Ternois/CPIE), le plus souvent parallèlement à des prospections ciblées sur Leucorrhinia pectoralis.

- Depuis quelques années, nous assistons à l’expansion de la distribution d’Orthetrum albistylum en région. Après la première mention de l’espèce dans la Marne en 2007, l’espèce vient d’être signalée pour la toute première fois dans le département des Ardennes (J. Pichenot).

- Espèce plutôt mythique pour la région en raison de l’absence de données récentes fiables, une donnée de Sympetrum flaveolum vient enfin de nous être rapportée. Jusqu’à présent, il s’agissait d’erreurs de détermination avec des jeunes Sympetrum sanguineum à la base des ailes fortement colorées de jeune mais là, une photographie est venue confirmer l’identité de l’espèce, et peut-être même sa reproduction, sur un étang de la Brie (D. Moinault).

- Malgré la poursuite des prospections spécifiques, seulement 2 stations de Coenagrion mercuriale ont été identifiées dans l’Ouest marnais (J. Rougé/LPO). En toute vraisemblance l’espèce est très rare et/ou localisée (Tardenois, Brie…). Les deux stations ont été trouvées sur les rebords du Marais de Saint Gond où l’espèce avait déjà été signalée par le passé.

 map-copie-1.jpg

Couverture odonatologique 2014
[source : Collectif, in http://faune-champagne-ardenne.org (extraction le 12 décembre 2014)]

 

Désormais, quelques 42 786 données composent la base de données régionale et des informations ont été transmises pour 1 255 communes. Dans les prochaines semaines, nous nous attacherons à actualiser les cartes de distribution de chacune des espèces connues. 

Ardennes : 10 406 données / 62 espèces / 69 observateurs / 286 communes concernées
Aube : 13 641 données / 58 espèces / 79 observateurs / 310 communes
Marne : 13 577 données / 60 espèces / 93 observateurs / 377 communes
Haute-Marne : 5 162 données / 56 espèces / 48 observateurs / 292 communes

 

Bien évidemment, tout ce travail ne serait pas possible sans la contribution des bénévoles et des structures impliquées, de près ou de loin dans la mise en œuvre du PRAO. Un grand merci à (personnes ayant transmis des données en 2014, données historiques comprises) : A. Antoine, D. Bécu, M. Bochu, Y. Brouillard, T. Cargnelutti, Caucal G., A. Collet, D. Cury, M. Deligny, Q. Delorme, A. Deschatres, R. Desmet, S. Dewasmes, J. d’Orchymont, D. Druart, B. Duprez, R. Fay, J. Fontaine, B. Fougère, A.-S. Gadot, S. Gaillard, S. Gaudin, G. Geneste, B. Geoffroy, H. Georget, B. Gilquin, L. Gizart, N. Gobez, V. Graitson-Schmitt, A. Grison, R. Hanotel, N. Harter, G. Hazouard, C. Henniaux, C. Hervé, F. Joachim, S. Jouaire, J.-P. Lacour, D. Lafon, P. Larmande, P. Laur-Fournié, D. Lecompte, F. Lepage, E. Lhomer, T. Lorich, O. Matton, M. Menke, P. Miguet, A. Mionnet, D. Moinault, C. Morvan, O. Paris, V. Perrette, J. Potaufeux, J.-L. Régnier, C. Roth, J. Rougé, A. Sauvage, L. Simon, N. Thiébaut, B. Truchon, A. Villaumé, A. Villetorte, J. Winne… ainsi que l’Association Nature du Nogentais, la Ligue pour la protection des oiseaux Champagne-Ardenne, le Regroupement des Naturalistes Ardennais, le CPIE du Pays de Soulaines, le Conservatoire d’Espaces naturels de Champagne-Ardenne, le PNR des Ardennes, le PNR de la Forêt d’Orient, ainsi que les agents techniques de l’ONEMA pour leur précieuse contribution au PRAO. 

Nous n’oublierons pas bien évidemment l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Région Champagne-Ardenne, la DREAL Champagne-Ardenne et l’Union européenne pour leur confiance.

Vincent TERNOIS
Société française d'Odonatologie (Champagne-Ardenne)
& Coordinateur de la Déclinaison régionale du PNA Odonates
/c CPIE du Pays de Soulaines

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 14:59

mercuriale
Coenagrion mercuriale
, communément appelé l’Agrion de Mercure, est l’une des quatre espèces de libellules protégées présente en région Champagne-Ardenne.

Dans la première synthèse cartographique régionale (1), l’espèce était déjà connue des quatre départements mais avec des noyaux plus ou moins localisés autour de la Montagne Châtillonnaise, le nord-est Haut-marnais et l’Argonne. Les populations semblent isolées et de faibles importances. Seul le Plateau de Langres abrite d’importants effectifs (2).

On notera qu’une seule donnée était disponible pour l’Aube dans la synthèse du programme INVOD (3). Pourtant, les prospections menées depuis le début des années 2000 ont permis d’identifier un nombre important de stations dans le nord-est aubois, dont le Parc naturel régional de la Forêt d’Orient (4). Une sous-évaluation de la distribution de C.mercuriale à l’échelle régionale est avérée.

Dans la région, l’espèce se reproduit sur des ruisseaux calcaires, marais et tourbières alcalins. De nombreuses stations ont été découvertes ces dernières années sur des drains en bordure de routes ou de chemins qui constituent des habitats de substitution importants.

En raison de son statut (espèce protégée et inscrite à l’annexe II de la Directive Habitat), C.mercuriale fait partie des espèces considérées comme prioritaires du Plan national d’actions en faveur des Odonates et pour lesquelles des actions d’améliorations des connaissances doivent être réalisées dans les régions. Dans le cadre de la mise en œuvre de la déclinaison régionale pour la Champagne-Ardenne, il a été jugé nécessaire de poursuivre l’effort d’inventaire pour mieux connaître la distribution régionale de l’espèce, en particulier sur les secteurs sous-prospectés (action A.6.).

C’est à ce titre que les premières prospections ciblées ont été menées en 2012 par le CPIE du Pays de Soulaines dans l'Est aubois et une partie de la Haute-Marne permettant d'identifier l'espèce sur 45 nouvelles localités (d'après la base de données régionale INVOD/CILIF) dont 38 haut-marnaises, 6 auboises et 1 marnaise (NB : les premiers relevés ont été réalisés en 2011 parallèlement aux prospections réalisées sur certains cours d'eau pour d'autres espèces de la déclinaison régionale).

Ce travail s'est poursuivi en 2013 avec des recherches complémentaires réalisées en Haute-Marne mais aussi avec les premières prospections menées dans les départements de la Marne et des Ardennes par la LPO Champagne-Ardenne et le Regroupement des Naturalistes Ardennais. Et les résultats ont été, une nouvelle fois, au rendez-vous puisque 64 données de C.mercuriale ont été enregistrées par le "Collectif régional" et l'espèce a été identifiée sur 45 nouvelles localités  : 11 dans les Ardennes, 4 dans l'Aube, 12 dans la Marne et 18 en Haute-Marne.

  Mercuriale2 2011 2013Bilan des prospections et observations de C.mercuriale réalisées dans le cadre de la Déclinaison régionale de 2011 à 2013 (données des contributeurs CILIF incluses)

 

Depuis le lancement de la déclinaison régionale du PNA Odonates en 2011, en intégrant les données transmises par les structures partenaires et celles des contributeurs à l'Observatoire régional des Odonates (données CILIF), C.mercuriale a été observé sur 108 nouvelles localités. Cela porte donc à 219 le nombre de communes référencées pour cette espèce dans la base de données régionale.

Bien qu'il reste encore du terrain à couvrir, les prospections 2012 et 2013 ont déjà permis d'affiner la carte de distribution de l'espèce notamment en confirmant sa fréquence sur une bonne partie du département de la Haute-Marne ainsi que sur l'ensemble de la Champagne Humide.

Mercuriale2011 2013Evolution de la distribution régionale de C.mercuriale entre 2011 (à gauche) et 2013 (à droite)


Aidez-nous en 2014 !

Si les données enregistrées ces dernières années permettent déjà de dresser une carte plus aboutie, nul doute que l'espèce est bien mieux répartie en région que ce que laisse entraperçevoir la synthèse 2013. En effet, bon nombre de secteurs de cours d'eau, de zones de sources de la Marne, de l'Ouest ardennais ou encore de l'Ouest aubois sont susceptibles d'abriter de petites populations de C.mercuriale. Malgré notre motivation et du temps affecté à cette action (une dizaine de jours par département), il ne sera pas possible de couvrir efficacement l'ensemble de la région d'ici la fin de la période d'animation de la déclinaison régionale. La mobilisation des bénévoles est donc nécessaire pour achever ce travail.

Pas besoin d'être un grand spécialiste pour cela. En effet, en raison du dessin très particulier qui orne l'abdomen des mâles (la fameuse "tête de taureau"), cette espèce est l'une des plus facile à identifier. Par contre, il convient de cibler les prospections sur les secteurs les plus favorables à l'espèce, à savoir les petites rivières ensoleillées fournies en Cresson de fontaine, Véronique des ruisseaux, Myosotis.... ainsi que les petits drains en bordure des routes ou des chemins agricoles... Dans bien des cas, son milieu de prédilection s'exprime préférentiellement en marge des grandes rivières, ces dernières étant le plus souvent trop fermées pour son développement. Si l'habitat est favorable et que l'espèce est là, il ne faut guère plus de 5 minutes pour observer les premiers imagos.



DSC04063Station d'Agrion de Mercure découverte le 01 juillet 2013 à Cirfontaines-en-Azois (52)


Cette libellule peut être observée depuis la deuxième décade du mois de mai, parfois dès la fin avril lors de printemps particulièrement chauds, jusqu’au début du mois d’août. Il est tout de même préférable d'effectuer les prospections au pic d'activité de l'espèce, à savoir de la mi-juin à la mi-juillet. Les imagos sont à rechercher directement au-dessus de la végétation aquatique.

Attention, cette espèce étant protégée en France, il est formellement interdit de la capturer sans autorisation. Dans bien des cas, une photographie permet de valider l'identification.

Vincent TERNOIS
Société française d'Odonatologie (Champagne-Ardenne)
Coordinateur de la Déclinaison régionale du PNA Odonates
/c CPIE du Pays de Soulaines



(1) : COPPA G., 1990. Eléments cartographiques et écologiques sur les Odonates de Champagne-Ardenne. AGURNA (Troyes), 92 pp + annexes.
(2) : [COPPA G., 2004 in DIREN, 2004. Orientations Régionales de Gestion de la Faune Sauvage et d’amélioration de la qualité de ses Habitats (ORGFH). Annexes Insectes. DIREN Champagne-Ardenne : 29-36.]
(3) : DOMMANGET C., T. et J.-L. (coord.), 2002. Inventaire cartographique des Odonates de France (Programme INVOD). Bilan 1982-2000. Martinia 18, suppl. 1 ; juin, 68 pp.
(4) : TERNOIS V., FRADIN E. et GAUTIER C., 2005. Atlas préliminaire des odonates du Parc naturel régional de la Forêt d'Orient (1998-2005). Cour. scient. du PnrFO, 28. 84 pp.

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 10:08

Quelques 4 637 données ont été collectées en 2013 (+670 données de 1995 à 2012 transmises en cours de saison) dans les limites administratives de la région. Ce résultat est une nouvelle fois à mettre au crédit de « Faune Champagne-Ardenne » ainsi qu’à la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates.

En effet, l’ouverture de la saisie Odonates sur « FCA » a grandement facilité la collecte des données régionales ces dernières années. Alors qu’il était souvent rébarbatif et démotivant de saisir des données sous les tableurs excel, il ne faut que quelques secondes pour saisir une observation correctement géoréférencée et documentée. Au-delà de la motivation à alimenter la base de données régionale et les valorisations qui peuvent en découler (atlas), « FCA » est aussi un bon moyen pour les observateurs de sauvegarder leurs données. Il n’est donc pas étonnant que 92 personnes aient sollicité une habilitation à la saisie.

Bien évidemment, les inventaires réalisés dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclinaison régionale ont, eux aussi, largement contribué à ce résultat. Près de la moitié des données ont été collectées par les permanents de la LPO Champagne-Ardenne, de l’Association Nature du Nogentais, du Regroupement des Naturalistes Ardennais et du CPIE du Pays de Soulaines directement impliqués dans l’amélioration des connaissances pour quelques unes des espèces des plus rares et des plus menacées de notre faune odonatologique. 

Evolution données 2013

Evolution du nombre de données collectées annuellement dans le cadre des programmes de la SfO

 

59 espèces, sur les 66 connues en région, ont été observées cette année et des données ont été collectées sur 495 localités :

Ardennes : 508 données / 46 espèces / 15 observateurs / 96 communes concernées
Aube : 1 785 données / 51 espèces / 37 observateurs / 127 communes
Marne : 1 444 données / 51 espèces / 35 observateurs / 140 communes
Haute-Marne : 900 données / 50 espèces / 20 observateurs / 133 communes

 

Désormais, quelques 39 257 données composent la base de données régionale et des informations ont été transmises pour 1 198 communes. Dans les prochaines semaines, nous nous attacherons à actualiser les cartes de distribution de chacune des espèces connues. 


Contrairement à l’an dernier (1ère mention de Leucorrhinia rubicunda et afflux de Leucorrhinia pectoralis), la saison 2013 a été nettement plus calme. On retiendra tout de même :

- la « redécouverte » d’Aeshna juncea dans les Ardennes (M. Da Costa Nogueira/PnrA), la dernière observation remontant à 2001, ainsi que deux nouvelles observations de Leucorrhinia dubia sur deux tourbières ardennaises (M. Da Costa Nogueira/PnrA et A. Sauvage/RENARD), espèce pour laquelle nous manquions cruellement de données ces dernières années,

- la découverte d’une seconde station de Ceriagrion tenellum dans l’est haut-marnais (à Terre-Natale) (V. Ternois/CPIE) et on retiendra la découverte d’une station à Gurgy-le-Château, commune de Côte-d’Or jouxtant le sud-ouest de la Haute-Marne (V. Ternois/CPIE). Le statut de l’espèce dans le sud haut-marnais reste encore à préciser,

- l’observation de Leucorrhinia caudalis sur 5 nouvelles localités : 1 dans l’Aube (A. Villetorte), 1 en Haute-Marne (J. Rougé/LPO) et 3 dans la Marne (4 sites - G. Geneste/ANN et J. Rougé/LPO),

- l’unique observation de Leucorrhinia pectoralis sur un étang aubois le 07 juin sur un site où l’espèce avait déjà été observée pendant l’afflux de 2012 (V. Ternois/CPIE),

- la collecte de 80 données de Coenagrion mercuriale dont 50 nouvelles localités identifiées (d’après la base de données  SfO) : 11 dans les Ardennes (T. Cargnelutti, N. Harter et V. Lequeuvre/RENARD), 8 dans l’Aube (A. Collet, M. Deligny, A. Grison/ PnrFO, D. Druart/ONEMA, O. Matton/ONCFS, P. Miguet/ANN et V. Ternois/CPIE), 12 dans la Marne (J. Rougé/LPO et G. Geneste/ANN) et 19 en Haute-Marne (D. Druart/ONEMA, J. Rougé/LPO et V. Ternois/CPIE). Ces données ont essentiellement été collectées dans le cadre de prospections spécifiques de la Déclinaison régionale.

 

 

map2013
Couverture odonatologique 2013
[source : Collectif, in http://faune-champagne-ardenne.org (extraction le 12 novembre 2013)]

 

Bien évidemment, tout ce travail ne serait pas possible sans la contribution des bénévoles et des structures impliquées, de près ou de loin dans la mise en œuvre du PRAO. Un grand merci à (personnes ayant transmis des données en 2013, données historiques comprises) : A. Antoine, J. Bertholet, M. Billod, M. Bochu, Y. Brouillard, T. Cargnelutti, S. Claerebout, A. Collet, J.-P. Couasné, C. Couteau, M. Da Costa Nogueira, M. Deligny, C. Demarson, A. Deschatres, F. Desjardins, R. Desmet, A. Di-Marca, J. d’Orchymont, D. Druart, B. Duprez, N. Flamant, E. Fradin, A.-S. Gadot, S. Gaillard, S. Gaudin, G. Geneste, D. Genevois, H. Georget, M. Gernez, B. Gilquin, L. Gizart, N. Gobez, A. Grison, R. Hanotel, N. Harter, G. Hazouard, C. Henniaux, V. Henniaux, S. Jouaire, D. Lafon, J.-P. Lamoline, P. Larmande, P. Laur-Fournié, R. Leconte, F. Lepage, V. Lequeuvre, E. Lhomer, R. Logean, T. Lorich, B. Massin, O. Matton, P. Miguet, P. Millioz, A. Mionnet, D. Moinault, P. Monin, O. Paris, S. Pernet, O. Ponsard, J.-P. Raulin, J.-L. Régnier, S. Rolland, C. Roth, J. Rougé, A. Ruffoni, A. Sauvage, Y. Sechure, L. Simon, K. Soudrille, N. Thiébaut, B. Truchon, V. Vautrain, A. Villetorte, G. Widiez, J. Winne, D. Zabinski… ainsi que l’Association Nature du Nogentais (ANN), la Ligue pour la protection des oiseaux Champagne-Ardenne (LPO), le Regroupement des Naturalistes Ardennais (RENARD), le CPIE du Pays de Soulaines (CPIE), le Conservatoire d’Espaces naturels de Champagne-Ardenne (CENCA), le PNR des Ardennes (PnrA), le PNR de la Forêt d’Orient (PnrFO), le PNR de la Montagne de Reims (PnrMR), ainsi que les agents techniques de l’ONEMA pour leur précieuse contribution au PRAO. 

Nous n’oublierons pas bien évidemment l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Région Champagne-Ardenne, la DREAL Champagne-Ardenne et l’Union européenne pour leur confiance.



Vincent TERNOIS

Société française d'Odonatologie (Champagne-Ardenne)
Coordinateur de la Déclinaison régionale du PNA Odonates
/c CPIE du Pays de Soulaines

 

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:40

Avec 4 517 données collectées en 2012 (+ 259 données de 1996 à 2011 transmises en cours de saison), la belle dynamique régionale est aujourd’hui confirmée. Deux raisons peuvent expliquer cette situation :

- L’ouverture de la saisie Odonates sur le site VisoNature « Faune Champagne-Ardenne » (FCA) qui motive un grand nombre de naturalistes à transmettre leurs observations. Alors que nous n’étions qu’une poignée pendant des années à alimenter les programmes INVOD et CILIF, 58 personnes ont transmis des données en 2012 (sur les 78 inscrits), 
- La mise en œuvre depuis 2011 de la déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates (PRAO) qui booste la collecte de données, en particulier en ce qui concerne les espèces prioritaires (espèces protégées ou d’intérêt régional).

 

59 espèces, sur les 66 connues en région, ont été observées cette année et des données ont été collectées sur 527 localités (441 en 2011) :

- Ardennes : 913 données / 46 espèces / 19 observateurs / 88 communes concernées

- Aube : 1 269 données / 51 espèces / 24 observateurs / 148 communes

- Marne : 1 629 données / 52 espèces / 31 observateurs / 146 communes

- Haute-Marne : 706 données / 41 espèces / 17 observateurs / 145 communes

NB : ne sont ici prises en compte que les données collectées via FCA.

map2012
Couverture odonatologique 2012
[source : Collectif, in http://faune-champagne-ardenne.org (extraction le 31 décembre 2012)]

 

Désormais, quelques 33 953 données composent la base de données régionale et des informations ont été transmises pour 1 085 communes. Dans les prochaines semaines, nous nous attacherons à actualiser les cartes de distribution de chacune des espèces connues. 

Parmis les éléments à retenir, la saison 2012 a surtout été marquée par l'exceptionnel afflux des Leucorrhines à gros thorax et rubicondes noté globalement dans les régions du nord et de l'est de la France mais qui s'est également fait ressentir en Champagne-Ardenne. Ainsi :

- Leucorrhinia rubicunda a été découvert le 02 juin sur un étang d'Argonne par Ingrid Piryns et Rik Desmet. Il s'agit de la toute première mention régionale de l'espèce et cela porte à 66ème le nombre d'espèces connues en région,

- Leucorrhinia pectoralis a été observé à 17 reprises (12 communes - 13 sites différents) alors que seulement deux observations avaient été rapportées à la Sfo au cours des 20 dernières années. Pure coïncidence, cette multiplication de données intervient l’année où des prospections spécifiques ont été menées sur les sites historiques dans le cadre du PRAO. Finalement, L.pectoralis a ainsi pu être retrouvé sur la plupart des secteurs historiques : Montagne de Reims (2 sites – G. Geneste/ANN), Argonne (2 sites – R. Desmet, I. Piryns et R. Hanotel/LPO) et Nord-est aubois (2 sites – V. Ternois/CPIE). Il a également été confirmé dans l’Ouest marnais (2 sites - A. Antoine/CENCA et V. Ternois/CPIE), a été observé dans le Sud aubois (2 sites - A. Villaumé/PnrFO et P. Collavini/ONEMA) et a été découvert pour la toute première fois dans les Ardennes (2 sites – J. Rougé/PnrA).


Nous relaterons aussi la découverte de nouvelles stations de Leucorrhinia caudalis. Initié dans un premier temps dans le cadre de l’Observatoire régional des Odonates (programme d’études interassociatif), le programme d'amélioration des connaissances sur L.caudalis est aujourd’hui repris dans le PRAO. En y associant les données de bénévoles, 22 nouvelles stations avaient été identifiées en 2011, confirmant, entre autre, l’existence de noyaux de populations sur les secteurs de gravières de la Bassée auboise (G. Geneste/ANN). L’espèce avait également été découverte pour la première fois sur des étangs du Chaourçois (V. Ternois/CPIE) et de la Montagne de Reims (B. Duprez). Pour cette seconde saison, les prospections se sont cantonnées sur le secteur du Perthois (8 nouveaux sites – A. Mionnet/LPO et M. Rosain/LPO) mais l’animation du réseau de bénévoles ainsi que la collecte de données dans le cadre d’autres prospections du PRAO (L.pectoralis notamment), ont permis d’identifier 24 nouveaux sites (14 nouvelles communes). Parmi les éléments les plus remarquables, on retiendra la multiplication des observations en Argonne (4 nouveaux sites – N. Hélitas et R. Hanotel/LPO), sur la Montagne de Reims (3 nouveaux sites – G. Geneste/ANN), sur le Massif d’Epernay (1 nouveau site – G. Geneste/ANN), sur le Marais de Saint-Gond (2 nouveaux sites – V. Ternois/CPIE) et sur la vallée de la Vesle (A. Mionnet/LPO).

Alors que L.caudalis semblait particulièrement rare en région au début des années 2000, le nombre de données a considérablement augmenté au cours de ces 5 dernières années grâce à la mise en œuvre de prospections ciblées. L’espèce est aujourd’hui connue de 49 localités (Ardennes : 3, Aube : 18, Marne : 28 et Haute-Marne : 0) et fait de la Champagne-Ardenne l’une des régions les plus importantes pour sa conservation. Si une dynamique positive de l’espèce depuis quelques années n’est pas à exclure, il est certain que l’orientation des recherches (mutualisation des efforts sur des sites particuliers et à des dates clés) a contribué à la collecte de toutes ces données. 

 

Enfin, on retiendra également la découverte de deux stations particulièrement intéressantes de Ceriagrion tenellum sur la vallée de la Seine aux portes de Troyes (O. Matton/ONCFS), secteur très excentré vis-à-vis des populations connues ainsi que les premières campagnes de prospections visant à préciser la distribution de Coenagrion mercuriale en région (synthèse à venir). 


Bien évidemment, tout ce travail ne serait pas possible sans la contribution des bénévoles et des structures impliquées, de près ou de loin dans la mise en oeuvre du PRAO. Un grand merci à (personnes ayant transmis des données en 2012) : Frédéric B., Georges B., Jacques B., Jean-Luc B., Yohann B., Tony C., Pauline C., Patrick C., Antoine C., Thibaud D., Marie D., Aurélien D., Rik D., Anthony D.M., Didier D., Bernard D., Bertrane F., Emmanuelle F., Anne-Sophie G., Fanny G., Gaillard S., Sylvain G., Guillaume G., Bryan G., Hervé G., Alain G., Frédéric G., Rémi H., Nicolas H., Gérald H., Nicolas H., Clément H., Valentin H., Ingrid P., Fabrice J., Stéphane J., Aurélien L., Daniel L., Jean-Luc. L., Thomas P., Pierre L.-F., Valentin L., Edouard L., Nicolas M., Olivier M., Pierrick M., Aymeric M., Dominique M., Franck M., Paul M., Stéphane M., Maxime M., Olivier Pa., Stéphane P., Olivier Po., Jean-Pierre R., Francis G., Jean-Louis R., Gérard R., Mathieu R., Julien R., Alain S., Laurine S., Benoist T., Corinne T., Cédric V., Anne V., Guillaume W., Dominique Z... ainsi que l’Association Nature du Nogentais (ANN), la Ligue pour la protection des oiseaux Champagne-Ardenne (LPO), le Regroupement des Naturalistes Ardennais (RENARD), le CPIE du Pays de Soulaines (CPIE), le Conservatoire d’Espaces naturels de Champagne-Ardenne (CENCA), le PNR des Ardennes (PnrA), le PNR de la Forêt d’Orient (PnrFO), le PNR de la Montagne de Reims (PnrMR), ainsi que les agents techniques de l’ONEMA pour leur précieuse contribution au PRAO. 

Nous n’oublierons pas bien évidemment l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Région Champagne-Ardenne, la DREAL Champagne-Ardenne et l’Union européenne pour leur confiance. 

Vincent TERNOIS
Société française d'Odonatologie (Champagne-Ardenne)

 

 




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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 20:29

L’action Odonates des tourbières et le suivi de Somatochlora arctica au sein du Parc Naturel Régional des Ardennes.

C’est sous un magnifique temps ardennais que Julien Rougé, stagiaire au Parc naturel régional des Ardennes (PNRA), effectue actuellement des inventaires sur les Odonates des tourbières ardennaises.

Dans le cadre du plan régional d’actions en faveur des Odonates, le PNRA et le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement du Pays de Soulaines ont concrétisé leur partenariat par la signature d’une convention de maîtrise d’œuvre pour des actions sur son territoire. En convention avec l’association Regroupement des Naturalistes Ardennais (RENARD), le PNRA et les salariés de l’association effectuent des prospections sur le territoire du parc.

L’objectif : réaliser un inventaire, essentiellement qualitatif, des espèces présentes sur les sites tourbeux et para-tourbeux du territoire et d’évaluer l’état de conservation des sites d’accueils répartis sur plateau de Rocroi et le massif ardennais. A l’issue de ce stage, Julien pourra émettre un premier bilan sur conservation des espèces prioritaires et de leurs milieux de reproduction. L’objectif final étant de mettre en place un certain nombre d’actions pour favoriser la conservation des habitats d’espèces patrimoniales.

Ard2.jpg

Mares de la tourbière de la Croix Gillet à Hargnies, l'un des sites prioritaires retenus (photo : Vincent TERNOIS)


Autre action, un protocole de capture-marquage-recapture (CMR) à été mis en place afin de réaliser un suivi de la population de l’espèce Somatoclhora arctica sur la station historique des Ardennes. En même temps, l’état de conservation du site et la cohérence de la gestion actuelle est évaluée dans un but de comparaison avec la biologie de l’espèce.

Malgré une météo défavorable, les premiers résultats sont plutôt concluants avec une nouvelle mention d’espèce pour le département (Leuccorhinia pectoralis) et d’autres qui n’ont plus été observées depuis 1985 comme Leuccorhinia dubia.

Quant au suivi de S.arctica, jusqu’ici un seul individu émergent et mal formé à été observé témoignant à priori des conditions défavorables pour l’espèce mais aussi pour les prospections.

Ard1.jpg

Femelle émergeante de Cordulie arctique (photo : Vincent TERNOIS)


En attendant, les prospections continues et de nouvelles découvertes sont à espérer.

 

Contact :
Julien ROUGE, Étudiant en Licence Professionnelle Espaces Naturels spécialité Analyses et Techniques d'Inventaires de la Biodiversité - Univ. Lyon 1 - 0631244852

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 11:08

Depuis plusieurs jours, l’Aeschne paisible est active, c’est donc le bon moment pour observer cette espèce dont la répartition régionale mérite d’être précisée.

Birene.jpgBien que cette libellule ait été observée en 1995 sur la rivière Aube à Bar-sur-Aube (S. Potel, com. pers.), il a fallut attendre la fin des années 2000 pour que les odonatologues prennent réellement conscience de sa reproduction en région. Ces 3 dernières années, un effort tout particulier a donc été réalisé pour améliorer les connaissances sur cette espèce. On sait aujourd’hui que l’Aeschne paisible est très bien implantée sur les cours d’eau du Sud de la Champagne-Ardenne en particulier sur la Laignes, l’Ource, l’Aujon, l’Aube, la Seine mais a aussi été découverte ou confirmée sur la Superbe, le Rognon, l’Ardusson, la Voire, la Blaise, la Renne…

Pour la seconde année, des prospections spécifiques sont menées dans le Sud de la région dans le cadre de la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates pour affiner sa répartition. Si certains cours d’eau (Sarce, Barse, Marne…) semblent peu favorables dans leur ensemble à la reproduction de cette espèce très attachée aux chevelus racinaires immergés, des exuvies ont été découvertes ces derniers jours sur l’Armance (V. Ternois) et la Vanne (G. Geneste) confirmant sa présence dans l’Ouest aubois.

Alors, aidez-nous à mieux la connaître. Si l’espèce peut être discrète (peu d’imagos directement observés sur les cours d’eau), les exuvies sont très faciles à trouver. Pour cela, il vous suffit de prospecter les piles des ponts des petites rivières possédant une ripisylve fournie. Connue actuellement de la moitié Sud de la région, l’Aeschne paisible peut très certainement trouver des conditions favorables à son développement dans les Nord de la Marne et les Ardennes. L’absence de données est avant tout liée à un manque de prospection.

Birene3Répartition de Boyeria irene - Synthèse 2011

Et si vous observez des libellules voler le soir à des heures avancées, faites attention ! Il s’agit d’un comportement très fréquent pour elle (elle est plutôt discrète pendant les heures chaudes de la journée mais se laisse volontiers approcher en fin d’après-midi). Selon les conditions météorologiques à venir, les imagos seront visibles jusqu'à la mi-septembre.

Bonnes prospections,

Vincent TERNOIS

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 21:47

Depuis plusieurs jours, de nombreuses observations de Leucorrhinia pectoralis ont été rapportées de Flandres, du Nord-Pas-de-Calais, de Picardie, de Haute-Normandie, d’Alsace… (infos forums Boyeria, Obsalsace, Obspicardie…). Cette multiplication des données laisse à penser qu’il y a un phénomène « invasif » en cours. Dans le Nord-Pas-de-Calais, cet afflux s’est accompagné de l’observation de Leucorrhinia rubicunda (C. Vanappelghem/Sfo, com. pers.)

La Champagne-Ardenne n’est pas en reste puisque L. pectoralis a déjà été identifié sur 7 sites ces 5 derniers jours : Chaourçois, PNR de la Forêt d’Orient, Nord-est aubois, Perthois, Argonne, Côte d’Ile-de-France (infos : R. Desmet, I. Piryns, P. Collavini, A.Villaumé, A. Antoine, J.-L. Lambert, V. Ternois) alors qu’il n’avait été observé qu’à deux reprises au cours des 20 dernières années (source : INVOD-CILIF / Sfo). Ces observations ont été réalisées sur des étangs piscicoles mais aussi sur une ancienne gravière réaménagée et sans poissons. Pour plusieurs de ces sites, les caractéristiques essentielles de l’habitat de L. pectoralis sont rassemblées et une implantation durable est possible. A suivre…

Lpectoralis.jpg

Femelle de Leucorrhinia pectoralis après avoir pondue sur un étang du nord-est aubois le 29 mai 2012 (V. Ternois)

Plus extraordinaire encore est la découverte ce 02 juin d’un mâle de L. rubicunda, espèce nouvelle pour la région Champagne-Ardenne, sur un étang d’Argonne par Ingrid Piryns et Rik Desmet. Cette espèce, est assez proche de L. pectoralis et L. dubia et il convient donc d’être prudent dans la détermination !

Lrubicunda.jpg

Leucorrhinia rubicunda observé sur un étang d’Argonne le 02 juin 2012 (I.Piryns et R.Desmet)

Nous ne pouvons donc que vous inviter à prospecter un maximum de sites dans les jours à venir en privilégiant les plans d’eau (étangs piscicoles, gravières, mares…) présentant un stade intermédiaire d’atterrissement (densité importante d’hydrophytes) ou dont la ceinture végétale est ponctuée de « trouées » favorables à L. pectoralis (l’espèce délaisse les grandes surfaces d’eau libre). Si pour l’instant, la présence de cette espèce est (probablement) liée à un afflux exceptionnel, la plupart des observations concernent des sites où l’espèce est susceptible de s’y maintenir durablement.

Alors, à vos jumelles et appareils photos (attention, L. pectoralis est une espèce protégée et sa capture, même temporaire, nécessite une autorisation) !

Vincent TERNOIS, Jean-Luc LAMBERT, Rik DESMET et Ingrid PIRYNS

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 11:07

2011 restera une année particulière pour l’odonatologie régionale.

Il y a eu tout d’abord les émergences très précoces du début de saison suite aux conditions particulièrement clémentes du printemps. C’est ainsi que des « records » de précocité ont été notés chez l’Aeschne isocèle (1ère obs. le 22/04 – PM ; ancien record : 10/05), l’Orthétrum à stylets blancs (1ère obs. le 06/05 – JPR ; ancien record : 19/05), la Cordulie à corps fin (1ère obs. le 07/05 – PM ; ancien record : 23/05) auxquels nous pourrions ajouter l’Aeshne affine (25/05 – GG et SG), l’Anax napolitain (10/05 - VT), la Libellule écarlate (06/05 - JLL), le Gomphe à pinces (25/05 – VT), le Sympétrum à nervures rouges (13/05 – VT), le Gomphe vulgaire (17/04 – FG), le Gomphe semblable (15/05 - AV)...

Puis est arrivé l’Anax porte-selle. Après avoir fait parler d’elle dans le sud de la France, cette libellule migratrice a poursuivie son périple vers le Nord dont la Champagne-Ardenne. C’est Eric Sansault qui a été le premier à découvrir cette espèce, la 65ème, dans la région suite à l’observation de 2 individus sur les lacs de la Forêt d’Orient le 24 avril. Sa présence y sera confirmée à plusieurs reprises par l’équipe du PNR de la Forêt d’Orient (SG et AV) les jours suivants. Puis, plusieurs observations ont été effectuées à quelques kilomètres des lacs, sur des gravières de la Plaine de Brienne et un étang piscicole à Epothémont (VT). 10 données ont ainsi été collectées au cours de la saison, la dernière observation ayant été réalisée le 02/07 sur une gravière de la Vallée de la Seine (OP). Une synthèse des observations sera publiée prochainement dans Martinia.


Hemianax male+femelle

Anax porte-selle (mâle et femelle) - Petit-Mesnil (10) le 13 mai 2011 (photo : V. Ternois)


2011 a également été une année particulièrement intéressante pour l’amélioration des connaissances de plusieurs espèces patrimoniales. 19 nouvelles stations de Leucorrhine à large queue ont ainsi été identifiées que ce soit par le réseau de bénévoles ou lors des prospections spécifiques menées dans le cadre de la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des odonates. La répartition de l’Aeschne paisible a été affinée avec la confirmation d’un noyau de population implanté sur les cours d’eau de la Montagne Châtillonaise mais aussi une remontée jusque dans la Marne (capture d’un individu à Arrigny puis découverte d’une exuvie sur la Blaise à Larzicourt le 27/06 – JLL & JPR). Les résultats de quelques-unes des actions menées en 2011 vous seront communiqués prochainement.

Enfin, plusieurs espèces de libellules ont su profiter d’une arrière saison extraordinairement douce. Même s’il est normal que l’activité odonatologique se soit considérablement réduite en fin de saison, 6 espèces étaient encore visibles après la mi-octobre dont l’Aeschne bleue (dernière obs. le 12/11  – HG ; ancien record : 08/11), le Leste vert (dernière obs. le 20/11 – FG ; ancien record : 08/11), le Sympétrum méridional (dernière obs. le 28/10 – JLL ; ancien record : 25/10), le Sympétrum sanguin (dernière obs. le 04/11 – PM ; ancien record : 27/10) et le Sympétrum strié (dernière obs. le 20/11 – FG ; ancien record : 08/11).

Sur le plan comptable, 2011, c’est aussi 3 846 données collectées par 50 contributeurs, jeu de données auquel nous pouvons ajouter quelques 787 informations anciennes (2000 à 2011) saisies en cours de saison sur FAUNE CHAMPAGNE-ARDENNE. 57 espèces, sur les 65 connues en région, ont été observées cette année et des données ont été collectées sur 398 localités :

- Ardennes :              720 données / 41 espèces / 13 observateurs / 56 communes concernées
- Aube :                      1 533 données / 54 espèces / 26 observateurs / 129 communes
- Marne :                   1 087 données / 51 espèces / 25 observateurs / 131 communes
- Haute-Marne :        506 données / 44 espèces / 14 observateurs / 82 communes

map.jpgCouverture odonatologique 2011
[source : Collectif, in http://faune-champagne-ardenne.org (extraction le 16 décembre 2011)]


Désormais, quelques 29 044 données composent la base de données régionale. Dans les prochaines semaines, nous nous attacherons à éditer les cartes des données de chacune des espèces connues pour faire un point sur les efforts qu’il reste à fournir pour disposer d’une couverture régionale satisfaisante.

L’ouverture de la saisie Odonates sur FAUNE CHAMPAGNE-ARDENNE a considérablement boosté la collecte de données en région. Si cet engouement se confirme à l’avenir, nous pourrons sérieusement parler de la publication d’un Atlas des odonates de Champagne-Ardenne.

En attendant, nous tenons à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à l’alimentation de la base de données régionale, que ce soit les bénévoles et/ou les personnels des structures associatives impliquées dans la mise en œuvre de la Déclinaison régionale du Plan national d’actions en faveur des Odonates.

Un grand merci à tous,

Vincent TERNOIS et Jean-Luc LAMBERT
Société française d’odonatologie (Champagne-Ardenne)

AV : Alain Villetorte ; FG : Frédéric Giguet ; GG : Guillaume Geneste ; HG : Hervé Georget ; JLL : Jean-Luc Lambert ; JPR : Jean-Pierre Raulin ; OP : Olivier Paris ; PM : Paul Monin ; SG : Stéphane Gaillard ; VT : Vincent Ternois.

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